La Liberté

17.10.2020

Enquête et effroi après "l'attentat islamiste" contre un professeur

Un périmètre de sécurité a été installé et le service de déminage appelé, en raison d'une suspicion de gilet explosif (archives). © KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON
Un périmètre de sécurité a été installé et le service de déminage appelé, en raison d'une suspicion de gilet explosif (archives). © KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON
Un périmètre de sécurité a été installé et le service de déminage appelé, en raison d'une suspicion de gilet explosif (archives). © KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON
Un périmètre de sécurité a été installé et le service de déminage appelé, en raison d'une suspicion de gilet explosif (archives). © KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON
La décapitation de l'enseignant a provoqué une onde de choc en France. © KEYSTONE/EPA/ABDULMONAM EASSA / POOL
La décapitation de l'enseignant a provoqué une onde de choc en France. © KEYSTONE/EPA/ABDULMONAM EASSA / POOL
La décapitation de l'enseignant a provoqué une onde de choc en France. © KEYSTONE/EPA/ABDULMONAM EASSA / POOL
La décapitation de l'enseignant a provoqué une onde de choc en France. © KEYSTONE/EPA/ABDULMONAM EASSA / POOL
Des dizaines d'élèves et de parents ont déposé une rose blanche au pied des grilles du collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine. © KEYSTONE/AP/Michel Euler
Des dizaines d'élèves et de parents ont déposé une rose blanche au pied des grilles du collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine. © KEYSTONE/AP/Michel Euler
Des dizaines d'élèves et de parents ont déposé une rose blanche au pied des grilles du collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine. © KEYSTONE/AP/Michel Euler
Des dizaines d'élèves et de parents ont déposé une rose blanche au pied des grilles du collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine. © KEYSTONE/AP/Michel Euler
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17.10.2020

Les hommages affluaient samedi en France, au lendemain de "l'attentat terroriste islamiste" qui a vu un réfugié tchétchène de 18 ans décapiter un professeur ayant montré à ses élèves des caricatures de Mahomet. Le pays s'interroge sur le "séparatisme" religieux.

Evoquant "l'extrême gravité des faits et leur immense retentissement", le procureur anti-terroriste Jean-François Ricard a livré quelques détails sur l'attentat samedi après-midi. Sur place, des dizaines d'élèves et de parents se succédaient pour déposer une rose blanche au pied des grilles du collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, près de Paris.

M. Ricard a précisé que l'assaillant, abattu par les policiers, était un réfugié russe d'origine tchétchène, né en 2002 et présent légalement sur le sol français. Mais il n'a pas dit s'il avait un lien avec le collège. L'ambassade de Russie a précisé que l'homme n'avait plus aucun lien avec son pays.

Dix personnes en garde à vue

Le magistrat a également précisé qu'un message de revendication posté sur Twitter juste après le meurtre, faisant le lien avec Mahomet, émanait bien de cet individu.

Un total de dix personnes ont été interpellées et placées en garde à vue depuis vendredi soir. Il s'agit de proches de l'assaillant, mais aussi du père d'une des élèves du professeur, qui l'avait livré à la vindicte sur les réseaux sociaux, ainsi qu'un militant islamiste très actif, Abdelhakim Sefrioui.

Selon les éléments dévoilés par M. Ricard, le professeur avait organisé avec ses élèves un débat, prévu dans le cadre des cours d'éducation civique, au cours duquel il a montré des caricatures du prophète Mahomet. Il avait alors proposé aux élèves qui le souhaitaient de ne pas regarder certains dessins.

"Haut niveau" de menace terroriste

Le père d'un élève, placé en garde à vue, s'était indigné de ce cours dans plusieurs vidéos, rendant public sur internet le nom du professeur et l'adresse du collège. Il a rencontré avec Abdelhakim Sefrioui la principale pour demander son renvoi.

Après ces publications, "la principale faisait état de nombreux appels (téléphoniques) menaçants reçus par le collège", a précisé le procureur. Selon lui, l'assaillant s'est posté devant le collège vendredi vers la mi-journée et a demandé à des élèves de lui désigner le professeur de 47 ans.

"Ce crime terroriste est le second commis pendant que se déroulent les audiences du procès" des complices des assaillants de l'attaque contre Charlie Hebdo en janvier 2015. "Cela confirme le très haut niveau de la menace terroriste islamiste", a déclaré M. Ricard.

Eveiller l'esprit critique

L'Elysée a annoncé qu'un hommage national serait rendu mercredi au professeur assassiné. Sans attendre, plusieurs associations et syndicats ont appelé à des rassemblements dimanche à 15h00 à Paris et dans de nombreuses autres villes, notamment Marseille, Lille et Bordeaux.

Samedi, des centaines de personnes se sont réunies à Nice ou à Rennes pour dénoncer un "acte de barbarie" et défendre "les valeurs de la démocratie".

Le professeur "était à fond dans son métier", qu'il "aimait beaucoup", confiait vendredi Martial, un lycéen de 16 ans, accouru devant son ancien collège. "Il voulait vraiment nous apprendre des choses. De temps en temps, on faisait des débats, on parlait".

"Nos enseignants continueront à éveiller l'esprit critique des citoyens de la République, à les émanciper de tous les totalitarismes et de tous les obscurantismes", a déclaré sur Twitter le Premier ministre Jean Castex.

"Je serai, et notre pays sera à vos côtés pour vous protéger, vous permettre de faire votre métier qui est le métier le plus essentiel, transmettre à nos enfants les savoirs et les valeurs qui sont notre bien commun", a déclaré le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer dans un message vidéo aux professeurs.

Depuis 30 ans, l'éducation nationale est en première ligne face aux revendications de certains milieux musulmans.

Tensions

Le président Emmanuel Macron s'était lui rendu sur les lieux vendredi soir, qualifiant l'assassinat d'"attentat terroriste islamiste caractérisé". "Ils ne passeront pas. L'obscurantisme ne gagnera pas", a martelé le chef de l'Etat, ému.

Les signes de tensions provoqués par les islamistes sont réguliers en France. Ils déclenchent une réplique des autorités pour préserver les valeurs laïques de la République. Une réplique elle-même dénoncée par certains organismes musulmans comme "islamophobe".

C'est dans ce contexte que le gouvernement a récemment présenté un projet de loi contre le séparatisme, destiné à "renforcer la laïcité et les principes républicains" et à "lutter contre le séparatisme principal qu'est l'islam radical", selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

ats, afp

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