La Liberté

Quand mes enfants auront 30 ans, ce sera bien pire…

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18.08.2021

Le 9 août, ce fut l’anniversaire de ma fille. Ce fut le jour où le rapport du GIEC fut publié. Ce fut une année d’incendies, d’inondations, de sécheresses qui détruisent et qui tuent. Quand mes enfants auront 30 ans, ce sera entre cinq et quinze fois pire. Voilà.

Voilà mon héritage. Leur monde sera bouleversé, leurs vies seront dures et courtes. Ça me fait mal. Même une vie dure et courte peut être heureuse et valoir la peine, c’est mon espoir.

En revanche, en 2040 (avant déjà?), mon fils servant sous les drapeaux sera peut-être appelé à la frontière. Il devra stopper ces hordes de migrants qui envahiront notre barque trop pleine. Quand, dans la mire de son arme, il aura une mère, un père, un enfant, fuyant la mort et la destruction, alors, son âme sera perdue.

A cette idée, mon cœur saigne, j’ai envie de hurler. L’eau monte, les crises arrivent et je ne peux rien. Je suis prisonnier de mes dettes, de mes impôts, de ma réputation, de mon job, de mon mode de vie. Je dois détruire le corps et l’âme de mes enfants demain, pour qu’ils vivent aujourd’hui.

Je ne peux pas sauver le monde, le monde de mes enfants, de nos enfants. Mais je peux me rebeller, je peux dire non, cesser de coopérer. Je peux jeter mon corps avec ceux qui se rebelleront le 3 octobre à Zurich.

Peut-être alors, le doigt sur la gâchette, mon fils se rebellera aussi. Se souvenant que son ancêtre, vingt ans plus tôt, s’était rebellé contre ce système qui lui demandera d’être un monstre, il posera son arme, rebelle au lieu de monstre. Alors, son âme sera sauvée. Alors, je n’aurai pas été vain.

Guillermo Fernandez,

Morlon

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