La Liberté

23.02.2021

L'ex-boursier de Belfaux «n’a pas su s’arrêter»

L'ex-boursier a notamment prétexté des «acomptes d'impôts paroissiaux» pour justifier ses prélèvements indus. © Vincent Murith (archives)
L'ex-boursier a notamment prétexté des «acomptes d'impôts paroissiaux» pour justifier ses prélèvements indus. © Vincent Murith (archives)

MRZ

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Accusé d’avoir détourné près de 6 millions de francs en une quinzaine d’années de jongleries comptables, le boursier déchu de Belfaux est jugé depuis mardi. Pour l’heure, il a choisi de faire profil bas.

«Je ne sais plus, peut-être qu’il me fallait de l’argent pour payer une facture. Je me suis dit que j’allais l’emprunter puis le rembourser plus tard…» Interrogé mardi par Alain Gautschi, président du Tribunal pénal économique du canton de Fribourg, sur les raisons l’ayant poussé à commencer à se servir dans la caisse de son employeur, l’ex-boursier communal de Belfaux a eu des réponses plutôt évasives. Surtout lorsque l’on considère la somme considérable, près de 6 millions de francs, qu’il a admis avoir détournée en usant de divers artifices comptables entre 2005 et 2019.

Ce Fribourgeois de 52 ans, accusé d’abus de confiance, escroquerie par métier, gestion déloyale des intérêts publics, faux dans les titres et blanchiment d’argent, s’est montré sous son jour le plus repentant, assurant avoir été «pris dans une tourmente». «J’ai essayé une fois, ça a passé. Une deuxième fois, ça a passé aussi. Alors j’ai continué, je n’ai pas su m’arrêter.»

Mis hors de cause à l’issue d’une investigation conduite par des experts comptables en 2018, année où il avait prélevé plus d’un million de francs dans la caisse communale en prétextant des «acomptes d’impôts paroissiaux», le prévenu en avait été le premier surpris. «Je pensais que c’était enfin le moment, que tout allait être découvert et que ça allait enfin s’arrêter. Mais non… »

Et le fonctionnaire déchu de s’étonner de la facilité avec laquelle il était parvenu à convaincre sa hiérarchie – il a connu plusieurs syndiques et syndics – de signer à la chaîne des ordres de virement. «Ce qui les intéressait, c’est que le bouclement du budget et des comptes soit fait à temps. Mon travail quotidien, ils ne s’en préoccupaient pas.»

Qu’a-t-il fait au juste de ces énormes sommes d’argent? Selon l’enquête conduite par la procureure générale adjointe Alessia Chocomeli-Lisibach, l’accusé a notamment investi dans l’immobilier au Brésil, pays de son ex-compagne. Et le reste? «Des investissements ponctuels. Je suis complètement ruiné, j’ai tout perdu», a affirmé celui qui aurait ainsi, selon un rapide calcul, claqué environ 4000 francs par jour durant l’année 2017… Il réfute avoir mis de côté les 2,5 millions de francs dont la Justice n’est pas encore parvenue à retrouver la trace.

Devant les juges, il a déclaré vouloir assumer l’entier de ses actes et être prêt à en payer le prix. Il a ainsi accepté de retirer son opposition au commandement de payer d’un montant de près de 6 millions de francs que lui a adressé la commune de Belfaux.

Le procès se poursuit cet après-midi. Le jugement devrait tomber le 30 mars.

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