La Liberté

07.03.2021

Côte d'Ivoire: pouvoir et opposition revendiquent la victoire aux législatives

Le taux de participation "ne dépasse pas 20%" au niveau national - contre officiellement 34% aux précédentes législatives de 2016. © KEYSTONE/EPA/LEGNAN KOULA
Le taux de participation "ne dépasse pas 20%" au niveau national - contre officiellement 34% aux précédentes législatives de 2016. © KEYSTONE/EPA/LEGNAN KOULA
Le taux de participation "ne dépasse pas 20%" au niveau national - contre officiellement 34% aux précédentes législatives de 2016. © KEYSTONE/EPA/LEGNAN KOULA
Le taux de participation "ne dépasse pas 20%" au niveau national - contre officiellement 34% aux précédentes législatives de 2016. © KEYSTONE/EPA/LEGNAN KOULA
Pour la première fois depuis dix ans, l'ensemble des principaux acteurs politiques ont participé à ces législatives. © KEYSTONE/EPA/LEGNAN KOULA
Pour la première fois depuis dix ans, l'ensemble des principaux acteurs politiques ont participé à ces législatives. © KEYSTONE/EPA/LEGNAN KOULA
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07.03.2021

Le pouvoir et l'opposition ont revendiqué dimanche leur victoire aux législatives de la veille en Côte d'Ivoire, avant la proclamation des résultats par la Commission électorale indépendante. Cette dernière continue de compter les bulletins de vote.

Pour la première fois depuis dix ans, l'ensemble des principaux acteurs politiques ont participé à ces législatives, laissant espérer qu'elles permettent d'apaiser la vie politique d'un pays à l'histoire récente marquée par des violences électorales.

"Notre objectif était de remporter autour de 60% des sièges, nous y sommes", a déclaré Adama Bictogo, numéro deux du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir. "A cette étape du dépouillement, les premières tendances (...) montrent clairement que notre parti sortira vainqueur avec une majorité confortable", a ajouté M. Bictogo.

En début d'après-midi Niamkey Koffi, coordinateur général pour les législatives du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, principal parti d'opposition) avait lui aussi revendiqué la victoire. "Nous pensons être autour de 128 sièges avec nos alliés", a-t-il affirmé, soit juste la majorité des 255 députés de l'Assemblée nationale.

Bulletins partiellement dépouillés

Ces deux déclarations de responsables des partis au pouvoir et de l'opposition sont intervenues alors que la Commission électorale indépendante (CEI), chargée de la proclamation des résultats, n'en avait annoncé dimanche soir qu'une partie.

Le PDCI de l'ex-président Henri Konan Bédié a formé une alliance avec Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), coalition regroupant les partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo dominée par son parti, le Front populaire ivoirien (FPI).

"Résultats émaillés de tricheries"

"Notre inquiétude, c'est la manipulation des résultats", a dit M. Koffi, en mettant en garde "le gouvernement contre toute tentative qui fausserait la sincérité du scrutin".

Il a dénoncé "des résultats provisoires émaillés de tricheries, de tripatouillages, de manipulations", ainsi que "des tentatives d'inversion des résultats" dans plusieurs grandes villes et circonscriptions importantes, où le PDCI et le RHDP revendiquent la victoire.

Il a listé les communes de Yopougon, Abobo, Port Bouët et Marcory à Abidjan, la capitale politique Yamoussoukro, la cité balnéaire de Grand-Bassam, ainsi qu'Agboville où se présentait le numéro deux du parti au pouvoir, Adama Bictogo. M. Bictogo a récusé les accusations de fraudes. "Ils sont dans leur logique, la logique des perdants", a-t-il affirmé.

Faible participation

Selon M. Koffi, le taux de participation "ne dépasse pas 20%" au niveau national - contre officiellement 34% aux précédentes législatives de 2016 - en raison des "craintes de violences".

"La population n'a pas manifesté un réel intérêt pour cette élection", a indiqué, sans donner de chiffres, Indigo, organisation ivoirienne qui avait déployé 500 observateurs dans tout le pays.

Les législatives de samedi se sont dans l'ensemble déroulées dans le calme, contrairement à la présidentielle d'octobre 2020, marquée par des violences qui avaient fait 87 morts et quelque 500 blessés.

Ce scrutin avait été boycotté par les partis d'opposition et le président Alassane Ouattara réélu avec plus de 94% des voix pour un troisième mandat controversé.

Grand retour du parti de Gbagbo

Le vote de samedi a marqué le grand retour du FPI de Laurent Gbagbo. Son parti boycottait tous les scrutins depuis l'arrestation de M. Gbagbo en avril 2011 à Abidjan et son transfèrement à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, après des violences post-électorales ayant fait quelque 3000 morts.

Après son acquittement en janvier 2019 il a été remis en liberté conditionnelle et vit depuis à Bruxelles. Ses partisans attendent avec impatience son retour, que M. Gbagbo a annoncé pour "bientôt".

L'enjeu des législatives pour les partis d'opposition est d'obtenir suffisamment d'élus pour empêcher "la consolidation d'un pouvoir absolu" du président Ouattara et de son parti.

Le scrutin s'est tenu sans le Premier ministre Hamed Bakayoko, hospitalisé à Paris. Selon la CEI, il a été réélu dans son fief de Séguéla (nord)

ats, afp

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