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Henri Dessiex, Estavayer-le-lac

Henri Dessiex, Estavayer-le-lac © Charly Rapp
Henri Dessiex, Estavayer-le-lac © Charly Rapp
Publié le 26.03.2022

Temps de lecture estimé : 3 minutes

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Le lecteur en Liberté

Marqueteur » Porté par sa curiosité naturelle, Henri, 72 ans, transforme tout ce qu’il touche en passion. C’est ainsi que cet ancien champion a délaissé la voile pour la plongée avant de s’intéresser récemment à l’archéologie sous-marine. Le tout en parallèle des nombreuses œuvres en marqueterie dont cet ébéniste de métier se souvient avec (beaucoup) d’émotion.

Henri, si vous nous racontiez votre rencontre avec l’artiste Emile Aebischer, dit Yoki…
Un jour je vois ce monsieur, qui était un tout grand monsieur pour moi, débarquer à l’atelier. Il me dit: «j’étais un copain de votre père et il savait faire de la marqueterie. Est-ce que vous, vous savez en faire?» La réponse est sortie toute seule: «Si papa savait faire, moi je sais faire!» Le truc c’est que je n’en avais jamais fait! (rires) Alors, j’ai fait à ma manière, et ça lui a plu! Cette commande, ça a été le début de tout ça, de cette longue et merveilleuse collaboration… (il est ému)

Vous semblez très ému quand vous parlez de lui…
De tous les artistes que j’ai côtoyés, c’est le seul que je n’ai jamais réussi à tutoyer, j’avais un tel respect pour son travail… Il faut dire que quand Yoki débarque à l’atelier, j’ai 24 ans, mon père vient de décéder et je me retrouve seul à la tête de l’entreprise… Il a été en même temps mon maître et mon père spirituel.

Aujourd’hui, vous avez des œuvres de marqueterie aux Seychelles et au Gabon, une forme de consécration?
Sans doute mais je n’ai jamais été quelqu’un de très ambitieux. D’ailleurs, on ne gagne pas beaucoup d’argent dans ce milieu, c’est difficile de donner un prix à une œuvre d’art… Moi j’ai toujours fait les choses avec la passion. Et avec le cœur aussi.

En parlant de passion, vous vous êtes lancé il y a peu dans l’archéologie sous-marine…
En fait, j’avais promis d’arrêter la voile à la naissance de mon fils. Et j’ai tenu ma promesse. J’ai vendu mon bateau mais voilà, une année après je m’embêtais déjà! (rires) J’ai commencé la plongée et un jour j’ai entendu parler de l’archéologie sous-marine. Ma chance ça a surtout été de tomber dans une équipe vraiment motivée, Fabien surtout, le chef de cours qui m’a tout de suite fait confiance… (il est très ému)

C’est le manque de confiance qui vous rend si sensible?
Vous êtes une charrette mais oui, c’est possible. J’ai eu des relations compliquées par le passé qui m’ont peut-être un peu abîmé. Un cabossé de la vie comme on dirait, qui a dû se sortir les pouces des fesses…

Votre mot de la fin?
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