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La branche automobile au plus bas

La production des usines tchèques de Skoda a repris le 27 avril, après six semaines d’arrêt total. La plupart des constructeurs ont été logés à la même enseigne. © ldd
La production des usines tchèques de Skoda a repris le 27 avril, après six semaines d’arrêt total. La plupart des constructeurs ont été logés à la même enseigne. © ldd
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03.06.2020

La crise sanitaire due au nouveau coronavirus aura un impact durable sur l’ensemble de l’économie

Denis Robert

Pandémie » En janvier, qui pouvait se douter que le mystérieux virus ayant entraîné la mise en quarantaine de 60 millions d’habitants d’une province chinoise allait mettre l’économie mondiale à genoux en quelques semaines seulement? En Europe, les autorités se voulaient rassurantes. Mais vers fin février, tout a basculé. Suite à l’apparition des premiers cas confirmés de coronavirus en Suisse, le Conseil fédéral a interdit tous les événements réunissant plus de 1000 personnes.

Le Salon de l’automobile de Genève (GIMS), qui réunit chaque année plus de 650 000 visiteurs, a été la première victime de cette mesure. Le 28 février, le GIMS avait pourtant confirmé que la manifestation genevoise aurait bel et bien lieu, avant de devoir rétropédaler deux jours plus tard. C’est dire si la situation était évolutive, donc imprévisible. Les informations et rumeurs les plus contradictoires circulaient au sujet de ce nouveau virus.

Effondrement des ventes

Le 16 mars, le Conseil fédéral renforçait les mesures de protection de la population, ce qui a entraîné notamment la fermeture de tous les locaux de vente des concessions automobiles. De nombreux ateliers sont restés ouverts, mais le commerce de véhicules en a été d’autant plus impacté que la plupart des usines européennes ont interrompu leur production avec effet immédiat, le temps d’évaluer la situation et de prendre les mesures adéquates pour protéger leur personnel.

L’industrie automobile n’avait pas besoin de cela. Déjà contrainte de respecter des plafonds de CO2 imposant de facto l’électrification totale ou partielle de tous les nouveaux véhicules, elle a été frappée de plein fouet par la crise du coronavirus. Le 1er avril, auto-suisse, l’association des importateurs d’automobiles, annonçait l’effondrement du marché. Par rapport à 2019, les immatriculations de voitures neuves avaient baissé de 23,1% sur le premier trimestre, mais de près de 40% pour le seul mois de mars. Une situation très préoccupante pour les importateurs et concessionnaires, qui voyaient leurs ventes s’effondrer du jour au lendemain alors que les charges, elles, continuaient de courir. Or il faut savoir qu’en Suisse, 225 000 emplois dépendent de près ou de loin de l’automobile, quand bien même notre pays n’est pas directement producteur.

Pour tenter de pallier la fermeture des locaux de vente, de nombreuses marques de voitures se sont lancées dans le commerce en ligne. Les showrooms virtuels ont remplacé les expositions de véhicules. Certains importateurs ont aussi proposé à leurs clients des facilités de paiement très attractives. Mais la branche redoute maintenant des difficultés de livraison. Notamment en ce qui concerne les véhicules électriques et hybrides rechargeables, censés arriver sur le marché en grand nombre cette année.

A quand la reprise?

Courant avril et début mai, les usines automobiles européennes ont heureusement pu reprendre leurs activités. Un redémarrage toutefois laborieux, car une voiture comprend près de 25 000 composants, tous dépendants d’une chaîne d’approvisionnement mondialisée, donc sujette à des aléas multiples et variés en période de pandémie. Toujours est-il que le 3 mai, auto-suisse annonçait un effondrement historique des ventes de voitures au mois d’avril, à savoir – 67,2% par rapport à la même période de 2019. Mais nos voisins français sont encore plus mal lotis (–90%). Une situation jamais vue depuis la crise pétrolière de 1973!


Un «retour à la normale» très encadré

Le 11 mai, après deux mois de confinement, les salles de vente des garages ont enfin été autorisées à rouvrir. Soit deux semaines plus tard que les salons de coiffure, où la proximité avec les clients est pourtant bien plus problématique. Pendant cette longue période d’activités en stand-by, les concessionnaires automobiles ont eu largement le temps de mettre en place tous les dispositifs indispensables au respect des mesures d’hygiène, de protection et de distanciation physique. Cela commence par une signalétique visant à établir une distance entre les visiteurs entrants et sortants, ainsi qu’entre les clients attendant que l’on s’occupe d’eux. Le personnel de vente dont le bureau se trouve dans un espace accessible au public est protégé par des écrans de Plexiglas. Il est aussi invité à prendre toutes les mesures de désinfection préconisées aux postes de travail, dans les véhicules et par rapport à toutes les surfaces susceptibles d’avoir été touchées par les uns et les autres, comme les poignées de portes. Bien qu’en principe pas obligatoire, le port d’un masque est généralement recommandé par les établissements soucieux de rassurer leurs clients, mais aussi leurs collaborateurs. DR

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